Depuis la fin du mois d’août, les plumes de votre canari jonchent le fond de la cage et son chant a disparu. Pas de panique : il ne s’agit ni d’une infection ni d’une gale. Le problème vient très probablement de sa mangeoire, privée depuis des mois d’un nutriment que l’oiseau est incapable de fabriquer lui-même.

Pendant la mue, un oiseau peut perdre et renouveler plus d’un millier de plumes, ce qui l’affaiblit forcément.

Chaque année, les canaris traversent une période de mue, souvent entre août et octobre. Durant cette phase, l’oiseau renouvelle son plumage pour se préparer aux changements climatiques, et les plumes tombent par lots, laissant des zones dégarnies temporaires. Chez les mâles, le chant s’interrompt aussi parce que la production de testostérone chute nettement pendant cette période. La mue dure généralement entre six et douze semaines, selon l’individu.

Le vrai souci ne date pas de fin août. Il s’est installé bien avant, dans le contenu de la mangeoire proposée depuis le printemps.

À retenir
  • La mue du canari entre août et octobre provoque la perte de plus d’un millier de plumes et l’interruption du chant chez les mâles
  • Les plumes sont composées à 90 % de kératine et nécessitent un apport alimentaire riche en méthionine et acides aminés soufrés
  • Les pâtées de mue, les graines germées, les œufs durs et les os de seiche couvrent les besoins nutritionnels pendant cette période

Ce qui manque réellement dans la mangeoire

Les plumes sont composées de kératine à plus de 90 %, une protéine qui contient beaucoup d’acides aminés soufrés, méthionine et cystine. Parmi eux, la méthionine joue un rôle clé : pendant la mue, les oiseaux ont besoin qu’on renforce leur apport alimentaire en acides aminés soufrés et en particulier en méthionine, qui ne peut pas être synthétisée par l’oiseau lui-même et doit donc absolument être apportée par l’alimentation. Les atomes de soufre qu’elle contient forment entre eux des « ponts » qui donnent aux plumes leur solidité.

Un canari ne mange que 5 grammes d’aliment par jour, ce qui laisse peu de marge pour équilibrer sa ration à l’instinct.

C’est justement le rôle des compléments spécifiques pour la mue : les graines germées et les pâtées spécifiques, riches en acides aminés soufrés comme la méthionine et la cystéine, sont particulièrement bénéfiques à ce moment-là. Les œufs durs et les insectes comptent aussi parmi les aliments riches en protéines à privilégier, tout comme les snacks riches en protéines et en acides aminés, par exemple les vers de farine. Les oiseaux tirent aussi profit d’une supplémentation en vitamines du groupe B, B1, B12, B6 ou biotine, qui favorisent l’utilisation des acides aminés dans la synthèse des protéines nécessaires au renouvellement du plumage. Ces vitamines, solubles dans l’eau, ne présentent aucun risque de surdosage.

Le calcium, le phosphore et le magnésium comptent aussi parmi les minéraux indispensables à cette période. Un os de seiche laissé en permanence dans la cage permet à l’oiseau de couvrir une bonne partie de ces besoins, à volonté et sans risque de surdosage.

Distinguer la mue normale d’un vrai problème

Passé ce délai, un déséquilibre hormonal ou environnemental est à envisager.

Une perte de plumes soudaine et généralisée, l’apparition de plaques sans aucune repousse ou des lésions cutanées ne relèvent plus de la simple mue. Une forte léthargie ou un picage excessif chez l’oiseau doivent aussi alerter. Dans ces cas, il est impératif de consulter un vétérinaire aviaire, car cela peut indiquer des parasites externes, des infections, des carences nutritionnelles sévères ou des déséquilibres hormonaux.

En attendant, réduisez les sources de stress comme les changements brusques d’environnement, les manipulations excessives ou la présence d’autres animaux agressifs. Un bain d’eau tiède aide aussi le canari à se débarrasser des gaines qui entourent ses nouvelles plumes et à soulager les démangeaisons.

La mue commence en réalité dès juillet, lorsque les jours commencent à raccourcir, bien avant que les premières plumes ne jonchent visiblement le fond de la cage. Enrichir la mangeoire fin août revient donc à réagir après coup. Le bon réflexe consiste à introduire la pâtée de mue et l’os de seiche dès le début de l’été, avant même que la première plume ne tombe.

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