Le poisson perroquet d’eau douce qu’on trouve en animalerie n’existe pas à l’état sauvage. C’est un hybride de cichlidés d’Amérique centrale, né à Taïwan dans les années 1980, puis diffusé dans toute l’aquariophilie mondiale.

Rien à voir avec les perroquets des récifs.

Ces derniers, de la famille des Scaridae, regroupent environ quatre-vingt-dix espèces marines qui raclent les algues sur le corail avec un bec formé de dents soudées. Ils recrachent la roche broyée sous forme de sable, jusqu’à plusieurs centaines de kilos par an pour les plus grosses espèces. Aucun ne survit dans un aquarium d’eau douce.

À retenir
  • Le poisson perroquet d’eau douce est un hybride de cichlidés né à Taïwan dans les années 1980.
  • Il n’existe pas à l’état sauvage et ne ressemble en rien aux perroquets des récifs marins.
  • Il lui faut au moins 200 litres, une eau entre 24 et 28 °C et une alimentation adaptée à sa bouche déformée.
  • Les individus aux couleurs vives sont souvent colorés artificiellement et perdent leur teinte en quelques mois.

Un hybride dont la recette reste floue

Le cichlidé perroquet, vendu aussi sous les noms de perroquet rouge ou de blood parrot, a été obtenu par des éleveurs taïwanais qui n’ont jamais livré leur méthode. On cite souvent un croisement entre le cichlidé Midas (Amphilophus citrinellus) et un cichlidé du groupe Vieja, mais les parents exacts font encore débat chez les spécialistes. La silhouette, elle, ne laisse aucun doute : corps rond, front bombé, bouche minuscule en forme de bec, qui se ferme mal. Adulte, le poisson mesure 15 à 20 cm.

La robe naturelle va de l’orange au rouge, parfois jaune pâle. Une variante dite « cœur » se reconnaît à sa nageoire caudale très réduite, qui dessine un cœur vu de dessus.

Bien soigné, il vit une dizaine d’années, parfois davantage.

Installer l’aquarium : volume, eau, alimentation

Comptez au moins 200 litres pour un individu seul, et nettement plus pour un couple ou une cohabitation. L’eau doit rester entre 24 et 28 °C, avec un pH proche de la neutralité (6,5 à 7,5). Le perroquet mange beaucoup et salit l’eau en conséquence : une filtration dimensionnée pour un volume supérieur au vôtre et un changement hebdomadaire d’un tiers de l’eau sont la norme chez les éleveurs.

Sa bouche déformée complique la prise de nourriture. On choisit donc des granulés de petite taille pour cichlidés, de préférence semi-flottants, distribués en deux petits repas par jour plutôt qu’un seul copieux. Vers de vase surgelés, crevettes et légumes blanchis (courgette, épinard) complètent l’ordinaire, et tout ce qui reste au fond après cinq minutes doit être retiré à l’épuisette.

Côté voisinage, le poisson est plutôt placide, sauf quand il défend un territoire. Les petites espèces comme les néons finissent parfois en proie, et les cichlidés très agressifs l’harcèlent, d’autant que sa bouche limite sa capacité à se défendre. De grands characins ou des loricaridés de belle taille restent des compagnons fréquents.

Le sable fin vaut mieux que le gravier, car il fouille en permanence.

Reproduction et santé : ce que révèle la génétique

Chez cet hybride, les mâles sont le plus souvent stériles. Certaines femelles pondent tout de même, mais les œufs sont fréquemment non fécondés, et les rares alevins obtenus sont presque toujours issus d’un croisement avec un autre cichlidé. La ponte s’accompagne d’un comportement de défense du site, parfois musclé pour les voisins.

La santé demande une surveillance attentive. Les déformations de la colonne vertébrale ou de la vessie natatoire, qui perturbent la nage, sont signalées par de nombreux éleveurs, et la maladie des points blancs (Ichthyophthirius) frappe vite un poisson stressé ou placé dans une eau trop froide. Un poisson qui nage penché, reste collé au fond ou refuse de manger plusieurs jours d’affilée mérite un test de l’eau (nitrites, ammoniac) avant toute autre mesure.

Les couleurs artificielles, un angle mort de la vente

On croise en magasin des perroquets violets, bleus ou fluorescents. Ces teintes ne sont pas naturelles : elles proviennent de colorants injectés ou appliqués sur le poisson, une pratique décriée par de nombreux aquariophiles et associations de protection animale. La couleur s’estompe en quelques mois, et l’opération peut fragiliser le poisson. Un individu orange ou rouge uni, sans teinte flashy, reste le choix le plus sûr.

Pour qui cherche un vrai « perroquet » naturel d’eau douce, il existe Hoplarchus psittacus, un cichlidé sud-américain du bassin de l’Orénoque, décrit au XIXe siècle, plus grand, plus rare en vente et bien plus exigeant que l’hybride taïwanais.

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