Ce n’est pas la poussière de la litière ni un simple coup de froid : c’est vous. Si votre furet éternue, refuse de manger et reste roulé en boule depuis la rentrée, il y a de fortes chances qu’il ait attrapé votre rhume, ou pire, votre grippe. Le furet est très sensible aux virus de la grippe de l’homme, et il peut être souvent contaminé par son propriétaire lui-même malade. Ce phénomène, connu des vétérinaires depuis des décennies, explose chaque année à la rentrée, quand les virus respiratoires recirculent dans les écoles, les bureaux et les transports.
Le furet est sensible aux mêmes germes que l’humain pour ce qui est des rhumes et des grippes, et l’humain peut donc lui transmettre sa grippe et inversement. C’est une particularité rare chez les animaux de compagnie. Statistiquement, le chien et le chat ne risquent pas grand-chose, tandis que le furet est exposé. Cette sensibilité s’explique par une proximité biologique étonnante avec l’appareil respiratoire humain, au point que le furet est depuis longtemps utilisé en laboratoire pour étudier les souches grippales destinées à l’homme.
- Le furet est susceptible de contracter la grippe humaine, contrairement au chien et au chat
- Le virus se transmet par les éternuements, la toux et les sécrétions respiratoires du propriétaire au furet
- Les symptômes apparaissent 48 heures après la contamination : fièvre, refus de manger, abattement
- La grippe bénigne chez l’adulte peut être mortelle chez les nouveau-nés et les furets âgés
Comment le virus voyage jusqu’au terrier
Les furets sont sensibles à plusieurs souches de la grippe humaine, qui se transmet dans l’air via la toux, les éternuements et les autres sécrétions respiratoires. Vous n’avez pas besoin de le serrer dans vos bras pour le contaminer. Un éternuement mal contenu dans le salon, une main qui caresse le furet après avoir touché son propre nez, suffisent.
Le mécanisme est direct. Le virus se transmet dans l’air via la toux et les éternuements, d’humain à furet. De plus, de furet à furet. Un seul membre du foyer grippé peut donc transformer le furet en vecteur qui recontaminera ensuite tout le reste de la maison, humains compris, une fois qu’il aura développé ses propres symptômes.
La période d’incubation est courte.
Les symptômes apparaissent 48 heures après la contamination : le furet présente tout d’abord de la fièvre, entre 40 et 41 °C, refuse de s’alimenter et reste prostré. Ce comportement, boule immobile au fond du panier, correspond exactement à ce stade initial. Des écoulements au niveau du nez et des symptômes respiratoires surviennent ensuite, éternuements et toux, et chez certains furets on observe aussi des signes oculaires comme des yeux rouges et des larmoiements.
Une maladie bénigne, mais pas anodine pour tous
Bonne nouvelle : chez l’adulte en bonne santé, l’affaire se règle vite. Chez le furet, l’infection est bien décrite et l’animal souffre d’écoulements purulents du nez et des yeux, d’éternuements, d’abattement, de fièvre et d’anorexie, mais la maladie reste bénigne. Le furet malade va généralement guérir en une à deux semaines.
Le tableau change radicalement pour les plus fragiles. Chez les furets nouveau-nés, la grippe est plus dangereuse que chez les adultes et certains peuvent malheureusement mourir de complications pulmonaires. Les furets très jeunes ou très vieux sont les plus à risque de développer des complications engageant le pronostic vital, telles que des pneumonies. Une surveillance rapprochée s’impose donc pour les furetons et les seniors du terrier.
Des complications bactériennes secondaires restent possibles. Parfois cette maladie peut se compliquer avec des surinfections bactériennes et évoluer en une bronchopneumonie. C’est précisément pour écarter ce risque qu’un avis vétérinaire rapide fait la différence entre une semaine de repos et une hospitalisation.
Ce qu’il faut faire, concrètement
Aucun vaccin n’existe pour protéger l’animal. Il n’existe aucun vaccin préventif pour le furet, ce qui déplace toute la responsabilité sur les gestes du quotidien. La seule arme reste la distance physique pendant la phase contagieuse humaine.
Il est conseillé d’éviter de s’occuper de son furet si l’on a soi-même la grippe, afin de ne pas le contaminer. Porter un masque chirurgical lorsqu’on s’occupe de son furet est également une bonne idée pendant un épisode grippal familial. Se laver les mains avant et après chaque contact, éviter de placer le furet près de son visage, et limiter les câlins durant quelques jours suffisent généralement à casser la chaîne de transmission.
Si l’on doit malgré tout s’occuper de son furet malgré la grippe, il faut bien se laver les mains avant de le manipuler et éviter de trop le câliner, car la contamination se fait par voie oro-nasale. La prudence est encore plus de rigueur avec une femelle porteuse de petits, dont l’immunité imparfaite des nouveau-nés les rend vulnérables. Ces précautions sont d’autant plus importantes si le furet est jeune, ou si l’on possède une femelle avec des petits, car la grippe peut être fatale chez les animaux ayant une immunité imparfaite.
Un dernier point mérite d’être signalé : la vigilance ne s’arrête pas à la grippe. D’autres maladies, comme les maladies cardiaques ou la maladie de Carré, qui est mortelle, peuvent ressembler à la grippe chez le furet, avec les mêmes premiers signes de fatigue et de perte d’appétit. En cas de doute sur la gravité des symptômes, mieux vaut ne pas attendre la fin de la semaine pour appeler son vétérinaire NAC.
Sources : clinique-veterinaire-la-boulais.fr | who.int | santevet.com

