Le verdict est tombé en quelques secondes : des petits points orange logés entre les coussinets, signe classique d’une infestation par les aoûtats. Ces acariens minuscules colonisent les jardins en fin d’été et affectionnent particulièrement les zones où la peau est fine, comme l’espace entre les doigts d’un chat qui passe ses après-midi allongé dans l’herbe.
Le nom trompe tout le monde. On les associe au mois d’août, mais suivant les conditions climatiques, les acariens responsables peuvent apparaître dès le printemps, et une infestation durant l’été peut fort bien se manifester jusqu’en octobre. Un chat qui fait la sieste dans un potager en septembre coche donc toutes les cases du risque, herbe basse, terre humide, soleil qui réchauffe le sol l’après-midi.
- Les aoûtats sont des larves d’acariens qui se fixent sur la peau fine entre les coussinets des chats entre juillet et octobre
- Ces parasites injectent des enzymes digestives provoquant des démangeaisons intenses et des lésions cutanées orangées visibles en groupe
- Un antiparasitaire adapté et l’entretien du jardin suffisent à éliminer l’infestation et prévenir les infections secondaires
Un acarien qui aime les zones fines de la peau
Les larves montent sur certains végétaux comme les graminées dans les prés et se laissent tomber sur un hôte qui passe à proximité, puis se fixent dans la peau par leurs pièces buccales pour se nourrir du sang et des tissus de l’animal pendant environ une semaine. Ce n’est pas une piqûre classique. Ces parasites injectent des enzymes digestives qui liquéfient les cellules de la peau, provoquant démangeaisons intenses et lésions cutanées.
Trois millimètres de haut. C’est presque invisible à l’œil nu.
Les larves se fixent sur des zones peu poilues ou chaudes : entre les coussinets, sur le ventre, autour des oreilles. Ce choix n’a rien d’un hasard : la finesse de la peau à ces endroits facilite la pénétration des enzymes digestives des larves, comme le rappelle un site spécialisé. Résultat, les espaces interdigités deviennent une cible privilégiée, tout comme l’intérieur des cuisses ou la jonction entre les pattes et le thorax.
Pourquoi le vétérinaire regarde toujours entre les doigts
Un chat qui se lèche frénétiquement les pattes en pleine nuit, ce n’est jamais anodin. L’infestation par les aoûtats provoque des démangeaisons intenses liées aux piqûres, mais parfois aussi une hypersensibilité à leur salive, et le chat peut se gratter et se lécher ou mordiller frénétiquement pendant de longs moments pour tenter de se soulager. Un vétérinaire face à ce comportement va systématiquement inspecter les coussinets avant même de chercher ailleurs.
La couleur trahit le parasite. Fixés en groupe, les zones de peau fines sont les localisations préférentielles, et les aoûtats forment des amas de points ou de petites croûtes oranges caractéristiques. Sur un pelage clair, ces amas ressemblent à de la poussière rouille collée à la peau ; sur un chat noir, il faut écarter chaque doigt pour les repérer, exactement le geste demandé en consultation.
Bonne nouvelle tout de même : ce parasite ne met jamais la vie du chat en danger. Les aoûtats et leurs piqûres ne sont en aucun cas mortels pour nos chats. Le vrai risque, c’est l’auto-mutilation : à force de se gratter, certains chats s’ouvrent la peau et développent des infections secondaires qui, elles, nécessitent des soins plus lourds.
Que faire après le diagnostic ?
Le traitement reste simple dans la grande majorité des cas. Un antiparasitaire adapté, associé si besoin à un soin local apaisant, suffit généralement à calmer les démangeaisons en quelques jours. Le vétérinaire évaluera l’étendue des lésions et proposera un traitement antiparasitaire adapté, tout en tenant compte de l’âge et du mode de vie du chat.
Côté jardin, quelques gestes limitent l’exposition sans priver le chat de ses siestes en plein air. Si le petit félin a accès au jardin, il convient de bien entretenir l’espace extérieur et notamment de retirer toutes les hautes herbes, la tonte de la pelouse étant primordiale afin qu’il puisse découvrir son territoire dans de bonnes conditions. Un potager laissé en friche, avec de l’herbe haute et humide, constitue justement le terrain de jeu idéal pour ces larves.
Le brossage hebdomadaire reste le meilleur réflexe de détection précoce. La vérification du pelage du petit félin permet d’agir rapidement avant la prolifération complète des parasites, et lors d’une séance de brossage hebdomadaire, il ne faut pas hésiter à contrôler l’aspect de la peau et de la robe. Passer les doigts entre les coussinets prend dix secondes, pas plus.
Ce détail change tout pour la suite de la saison. Les aoûtats réapparaissent généralement chaque année entre juillet et septembre, c’est pourquoi la prévention par l’entretien du jardin et l’usage d’antiparasitaires adaptés est essentielle si votre région est touchée par ces acariens. Un chat qui a croisé des aoûtats une année les recroisera presque à coup sûr l’année suivante, à la même période, dans le même carré d’herbe.
Sources : filalapat.fr | chatsmoureux.fr

