Promener son chien en pleine saison de chasse reste parfaitement légal. Aucun texte national n’interdit au promeneur de circuler pendant une chasse, et le panneau « chasse en cours » informe sans fermer le chemin. Ce qui change, c’est la préparation : les dates, l’équipement et le choix du parcours.

Pour 2026-2027, la saison est ouverte depuis plusieurs semaines déjà.

À retenir
  • Chaque département fixe ses dates de chasse par arrêté préfectoral.
  • Aucun jour sans chasse n’existe au niveau national depuis 2003.
  • Une clochette et une laisse réduisent nettement les risques pour votre chien.
  • Les battues ont lieu surtout le week-end et en matinée.

Un calendrier fixé département par département

Il n’existe pas de date unique d’ouverture, car chaque préfecture fixe son calendrier par arrêté. Cette année, l’ouverture générale s’est échelonnée entre le 6 et le 27 septembre, la grande majorité des départements ouvrant les dimanches 13 ou 20 septembre. La Corse a pu ouvrir dès le 6, et l’Alsace-Moselle, sous régime de droit local, dès le 23 août. La saison court ensuite jusqu’à fin février 2027 pour la plupart des espèces.

Le mercredi sans chasse, instauré en 2000, a été abrogé en 2003. Depuis, aucun jour sans chasse n’est fixé au niveau national.

Des jours non chassés existent pourtant localement, par arrêté préfectoral ou règlement de forêt domaniale. Lors du débat parlementaire de 2023 sur un « dimanche sans chasse » (la proposition a été rejetée en commission), le chiffre avancé était de 40 % des forêts domaniales soumises à cette interdiction. Or les trois quarts des bois sont privés, donc hors de ce cadre.

Le plan gouvernemental de janvier 2023 promettait l’affichage en mairie des jours chassés ou non, par l’association communale de chasse agréée, dès septembre 2023. Dans le doute, l’arrêté préfectoral reste la référence : publié sur le site de la préfecture ou de la fédération départementale des chasseurs, il précise dates, horaires et jours sans chasse locaux.

Gilet, clochette, laisse : l’équipement qui compte

Le gilet fluo n’est pas obligatoire pour le promeneur. L’obligation issue de l’arrêté du 5 octobre 2020 vise les participants aux chasses collectives au grand gibier, y compris les personnes non armées. La FFRandonnée le recommande, au moins sur le sac à dos.

Les schémas départementaux de gestion cynégétique recommandent baudrier, brassard, casquette ou chasuble, sans les rendre obligatoires dans tous les départements. À l’inverse, si vous croisez des silhouettes fluo dans les bois, vous êtes probablement au cœur d’une battue.

Un chien qui se voit et s’entend ne ressemble à aucun gibier.

Côté matériel, le trio de base tient en peu de choses : un harnais ou un gilet fluo, orange de préférence, une clochette sur le collier et une tenue vive pour vous. Parler à voix haute en traversant une zone boisée signale aussi votre présence. La laisse reste la meilleure assurance, car un chien qui divague dans un secteur chassé se met en danger et peut être pris pour du gibier. Si le rappel n’est pas irréprochable, mieux vaut ne pas le lâcher.

Un arrêté du 16 mars 1955 impose d’ailleurs déjà la laisse du 15 avril au 30 juin hors des allées forestières, pour protéger la faune au printemps.

Créneaux et zones à éviter

Les battues se déroulent surtout le week-end et en matinée, même si elles peuvent concerner n’importe quel jour de la semaine. Les sorties de milieu de journée, les zones périurbaines et les sentiers balisés très fréquentés sont donc plus sûrs. L’aube et le crépuscule, moments de déplacement du gibier, sont à éviter.

Les panneaux « chasse en cours » sont prévus pour les chasses collectives au grand gibier, mais seulement aux entrées principales de la zone, le long des voies publiques. Un sentier secondaire peut mener au cœur d’une battue sans le moindre panneau, et l’absence de panneau ne prouve pas l’absence de chasse.

Certains lieux exposent à une amende plutôt qu’à un tir. Un bois dont le caractère privé est matérialisé peut valoir une contravention au promeneur, selon l’article 226-4-3 du code pénal en vigueur depuis le 4 février 2023. Un arrêté préfectoral ou municipal, et plus rarement l’entrave à la chasse, exposent au même risque.

Les réserves de chasse et de faune sauvage restent en principe fermées aux tirs.

Face à une battue : la conduite à tenir

L’inquiétude est largement partagée : un sondage Ifop cité dans l’exposé des motifs de la proposition de loi de 2023 indiquait que 70 % des Français ne se sentent pas en sécurité en période de chasse. Face à une battue, le mouvement brusque est l’erreur, le calme la bonne réponse. Remettez votre chien en laisse, annoncez-vous à voix haute et ressortez par le chemin le plus direct, sans couper à travers les bois. Si des chasseurs sont en poste, une voix claire suffit à vous signaler, bien avant de les apercevoir.

La fermeture générale intervient fin février, mais la régulation de certaines espèces se poursuit au-delà, et le sanglier se chasse jusqu’à fin mars dans certains départements. Les arrêtés préfectoraux restent donc à consulter bien après les premières gelées.

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