Sur 58 chiens suivis par des chercheurs suédois, la personnalité de l’animal n’a pas eu d’effet majeur sur son stress à long terme. Celle de sa propriétaire, en revanche, a pesé lourd.
Leur cortisol suivait celui de leurs maîtresses.
- Le taux de cortisol des chiens augmente lorsque celui de leur propriétaire est élevé
- La personnalité du propriétaire (névrosisme, conscienciosité) impacte davantage le stress du chien que sa propre tempérament
- Les jouets et friandises anti-stress n’ont pas été évalués dans cette étude suédoise
Ce que les poils et les cheveux ont raconté
Publiée en 2019 dans Scientific Reports par l’université de Linköping, l’étude a suivi 33 bergers des Shetland et 25 border collies, chacun avec sa propriétaire. Le cortisol a été dosé dans les poils des chiens et les cheveux des femmes, à deux saisons, été et hiver. Ces tissus incorporent l’hormone au fil de leur pousse, ce qui permet d’analyser le stress sur le long terme, et non un simple instantané.
Les chiens de propriétaires en stress chronique présentaient des taux de cortisol élevés, à l’image de leur maîtresse. Les auteurs en tirent l’hypothèse que le chien reflète le stress de son maître. Certains traits des propriétaires, comme le névrosisme, la conscienciosité et l’ouverture, avaient un impact sur le stress de leur animal. Celui du chien, évalué par questionnaire, jouait un rôle mineur.
Même le niveau d’activité des animaux n’a pas modifié la corrélation.
Une corrélation, pas un verdict
Ce résultat se lit pour ce qu’il est : un lien statistique entre 58 duos, soit à peine deux classes de collège. La cause du stress des propriétaires n’a pas été évaluée, et l’étude ne tranche pas sur le sens de l’influence ni sur la part d’un quotidien partagé. Les deux races, réputées obéissantes, ne représentent pas tous les chiens, d’où le projet des chercheurs de poursuivre avec d’autres races, notamment des chiens de chasse dressés pour être indépendants.
Le stress canin variait aussi avec la saison. Le cortisol augmentait en hiver chez certains chiens, notamment les bergers des Shetland, alors que la saisonnalité n’a eu aucun effet chez les humaines.
Sur la laisse, un lien moins mécanique
Une autre équipe a testé le phénomène sur le vif, à l’échelle d’une balade. Soixante-huit duos ont marché, et une partie des propriétaires savaient que la sortie serait filmée pour évaluer leur maîtrise du chien, de quoi induire un léger stress. Cortisol salivaire avant et après, fréquence cardiaque suivie tout du long. Le verdict est plus nuancé : une corrélation inverse marginale du cortisol au sein des duos.
L’ouverture d’esprit de l’humain et la peur du chien ont influencé le pouls de l’autre pendant la première minute de marche.
Que faire des jouets et des friandises apaisantes
Aucun jouet ni aucune friandise n’entrait dans le protocole suédois, qui ne dit donc rien de leur efficacité. Pour le CBD, un guide grand public sur le stress canin reconnaît que peu d’études scientifiques confirment son efficacité chez le chien.
Le lien fonctionne dans les deux sens. Des études ont montré que la présence d’un chien peut réduire le taux de cortisol de son humain lors d’un événement stressant. Une équipe a ensuite testé environ 40 propriétaires lors d’un test de 15 minutes, mêlant prise de parole en public et calcul mental devant un panel impassible, avec ou sans leur chien.
Le cortisol capillaire ne désigne pas de coupable. Lina Roth rappelle que la dépression, l’exercice excessif ou le chômage peuvent faire varier le cortisol des cheveux, ce qui invite à regarder d’abord sa propre charge avant d’incriminer le chien.
Sources : beagle-chien.com | ncbi.nlm.nih.gov | sciencepost.fr

