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Le koala, ce paresseux australien menacé par les activités humaines

Le marsupial australien, véritable emblème national, a déjà failli disparaître. Qu’en est-il aujourd’hui ? Que savons-nous du koala hormis sa passion pour la sieste et les feuilles d’eucalyptus ?

koala arbre dormir animal sauvage australien
©Jo Staveley/iStock

Si l’on doit établir un liste des animaux les plus mignons, le koala terminerait dans le haut du classement. Véritable petit ours en peluche vivante, le marsupial australien est devenu un des emblèmes du pays des kangourous. En général, c’est à peu près tout ce que l’on sait sur le koala. Pourtant, l’animal est aussi craquant que fascinant. Saviez-vous par exemple qu’il ne boit presque pas d’eau ? Ce serait d’ailleurs la signification du mot « koala » en langue aborigène : « Ne boit pas d’eau »…

Le koala (Phascolarctos cinereus) est un marsupial arboricole, seul représentant de la famille des phascolarctidés. On l’appelle aussi « paresseux australien », car il dort beaucoup et ne vit qu’en Australie, sur la côte est du pays, au cœur des forêts d’eucalyptus. Le koala est aussi le seul de son espèce. Parfois, on présente plusieurs sous-espèces, mais cette catégorisation qualifie davantage leur localisation en Australie que des différences biologiques.

Morphologie

S’il existe peu de différences entre les sous-espèce locales des koalas, les animaux présentent un dimorphisme sexuel prononcé. Mesurant entre 60 et 80 centimètres, les mâles sont bien plus gros, de 8 à 14 kilos, alors que les femelles peuvent peser deux fois moins. Leurs trait changent aussi. La tête reste ronde, mais ces dernières ont des oreilles plus grandes et un nez moins crochu que leurs homologues masculins.

Le koala possède un pouce aux mains et aux jambes. Chaque patte de l’animal renferme cinq doigts équipés pour la plupart de griffes lui permettant d’évoluer dans les arbres. Cette attirail fait du koala un excellent grimpeur. Anecdote étonnante : le paresseux australien est un des seuls animaux, hormis les primates, dotés d’empreintes digitales. Les koalas ont une bonne ouïe, mais une mauvaise vue, ne représentant toutefois pas de désavantage du fait de leur mode de vie nocturne.

koala accroche arbre portrait tête
©David Clode/Unsplash

Le comportement du koala

On sait que le koala aime vivre accroché à un tronc d’eucalyptus, arbre dont il se nourrit exclusivement. Pourtant, bien d’autres choses intéressante se passe dans son mode de vie. En voici quelques unes.

Régime alimentaire du paresseux australien : un grand difficile en matière d’eucalyptus

Pour se nourrir, le koala choisit soigneusement son espèce d’eucalyptus parmi les 800 que comprennent l’Australie. Suivant sa localisation, ses préférences varient. Un seul animal aurait une poignée d’espèces de référence et mangerait les autres plus rarement. Accroché au tronc, le koala choisit avec soin ses feuilles d’eucalyptus. Ce processus de sélection est important, car les feuilles de l’arbre possèdent de nombreuses protections pour éviter les prédateurs.

Les feuilles d’eucalyptus sont en effet pauvres en nutriments et contiennent des toxines que le koala peut supporter jusqu’à une certaine quantité. C’est pourquoi le marsupial en choisit des anciennes, plus sûres à manger. L’animal tire de cette alimentation la quasi totalité de l’eau dont son organisme a besoin. La digestion du koala est longue et difficile, ce qui force l’animal à composer avec peu d’énergie. Le koala est en effet l’un des rares animaux capables de digérer une feuille d’eucalyptus. Celui-ci peut aller jusqu’à en manger un gramme par jour.

Le koala porte à merveille son nom de paresseux australien !

Pour s’économiser et digérer, le paresseux australien dort 19 heures par jour en moyenne ! Ses gestes sont lents, toujours dans l’objectif de dépenser le moins d’énergie possible. Sa période d’activité se situe dans la première moitié de la nuit où il mange. Le reste du temps, le koala somnole dans les arbres ou change de position suivant le temps ou le moment de la journée.

Un koala vit entre 10 et 15 ans en liberté, contre moins de 20 en captivité. Son espérance de vie chute drastiquement quand il vit à côté d’une autoroute ou proche d’habitations humaines.

Un bébé koala restera entre un ou deux ans avec sa mère, dont ses 22 premières semaines dans sa poche. La maman koala nourrit alors son bébé au moyen d’une bouillie de feuilles déjà mâchées qui lui fournira tous les éléments pour digérer l’eucalyptus.

Les jeunes koalas commencent aussi à apprendre comment sélectionner les bonnes feuilles à manger vers 7 mois. Âgé d’une année, un petit koala peut voir sa mère retomber enceinte. Cette dernière s’occupera de moins en moins de l’aîné et finira par le chasser de son territoire pour s’occuper du cadet.

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©Jo Staveley/iStock

Un marsupial territorial qui vit en communauté éloignée

Chaque koala possède un territoire, généralement plus gros pour les mâles. Cependant, les zones sont proches les unes des autres, pouvant se chevaucher et rester stables dans le temps si aucune catastrophe écologique ne détruit leur habitat. Cet aménagement territorial assure aux koalas d’avoir assez d’arbres pour subsister. Quand un jeune koala quitte sa mère, il fonde un nouveau territoire ou en reprend un suite à un décès, par exemple.

Entre les individus mâles, des luttes de territoire ont souvent lieu. Mais les koalas ne s’éloignent pas trop pour garder le contact social, organisés selon un système hiérarchique. Les animaux se servent de leur cri et leur odeur pour repérer les zones attribués à leurs congénères. C’est souvent l’odeur d’un femelle qui fait tampon entre les territoires des mâles.

Reproduction : un bébé koala dans la poche

La saison des amours s’étend durant l’été austral, de décembre à mars. Les mâles poussent des cris et grognements pour signaler aux femelles qu’ils sont en capacité de se reproduire. L’accouplement a lieu au sommet d’un arbre, le plus souvent un eucalyptus. Le koala pratique la polygamie, et un mâle dominant peut donc avoir plusieurs femelles. Celui-ci défendra son harem contre les autres koalas, allant jusqu’à se battre pour défendre son territoire et ceux des femelles. La gestion dure un peu plus d’un mois.

femelle koalas bébé mère porter animaux Australie arbre
©Bobtokyoharris/iStock

Le koala, un animal en danger

La vie d’un koala est loin d’être une longue sieste tranquille… De nombreux risquent planent sur les animaux aux oreilles poilues.

Qui sont les prédateurs naturels du koala ?

Lent et gros dormeur, le koala est une proie de choix pour certains animaux sauvages, heureusement peu nombreux. Parmi ses prédateurs naturels : les varans, les dingos, les rapaces et les pythons. Les feux de forêt et la sécheresse sont deux autres facteurs de mortalité.

La plus grande faiblesse du koala réside dans son système immunitaire plutôt déficient. Le marsupial australien est en effet vulnérable aux maladies comme la sinusite et aux infections, notamment la chlamydia. L’animal est aussi particulièrement sensible au stress et ne doit pas être approché par l’humain à l’état sauvage.

Le koala et l’Homme : une espèce passée à deux griffes de l’extinction

Les Aborigènes australiens ne pratiquaient pas de chasse intensive du koala. Ils traitaient alors l’animal au même rang que les autres habitants de la forêt. Mais c’est avec l’arrivée des Européens aux début du 19e siècle que l’intérêt zoologique et biologique grandit. Très vite, les colons remarquent la facilité avec laquelle les aborigènes attrapent les koalas. Ils deviennent alors des animaux chassé pour leur fourrure.

Son prélèvement a d’ailleurs été si violent, et la destruction de son habitat par l’Homme si brutal, que le koala disparait des certaines régions de l’île. En 2927, ce sont entre 600 000 et 800 000 marsupiaux qui sont tué pour leur fourrure. Devant l’ampleur du massacre, l’opinion publique se mobilise et l’espèce devient protégée dès 1937 en Australie. À présent, la chasse n’est plus un danger direct pour l’animal.

Mais les feux déclenchés par l’Homme, la destruction de son habitat, les accidents de la route, le changement climatique, la pollution sonore et des sols sont responsables de la grande mortalité des koalas dans certaines zones géographiques.

koala animal quatre pattes Australie bois
©Pixabay/Pexels

Au fur et à mesure l’avancée du nationalisme au 20e siècle, le koala devient l’emblème de l’Australie. Son rythme de vie, son caractère tranquille et sa tête d’ourson en peluche en fait une des espèces les plus sympathique aujourd’hui. La koala est un véritable enjeu politique et économique. L’animal représenterait ainsi plusieurs milliards de dollars de retombées touristiques pour son pays natal.

Statut de l’espèce

L’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) a classé le koala comme étant une espèce vulnérable dans la catégorie « menacé », de même que dans la majorité des états australiens. Le réchauffement climatique change son habitat naturel et fragilise sa source de nourriture.

Les différentes sous-espèces de koalas

Cette catégorisation se fonde bien plus sur la répartition géographique du koala et non pas sur de réelles différences biologiques ou comportementales :

  • Koala du Queensland (Phascolarctos cinereus adustus)
  • Koala de Victoria ou koala victorien (Phascolarctos cinereus victor)
  • Koala de New South Wales (Phascolarctos cinereus cinereus).

Quelques anecdote sur les koalas pour briller en société !

  • Les mamans koalas adoptent parfois des bébés orphelins.
  • Aussi adorables soient-ils, les animaux cachent aussi une face sombre : les mâles dominants forcent les femelles à s’accoupler alors que ces dernières ne sont pas en condition de procréer…
  • Le koala est un des seuls animaux à réussir à digérer des feuilles d’eucalyptus.
  • Les paresseux d’Australie boivent très peu d’eau. Leur nom viendrait d’une langue aborigène « ne boit pas d’eau », même si peu de sources vont dans ce sens.
  • Hormis les primates, les koalas font partie des seuls animaux à posséder des empreintes digitales.
koala marcher arbre tronc
©Flip Side/Pexels

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Christophe C, spécialiste en éthologie

Rédigé par Christophe C, spécialiste en éthologie

Passionné depuis toujours par les animaux sauvages, j'ai eu l'occasion de participer à des missions de bénévolat en Inde et en Afrique dans le cadre de la préservation de la faune sauvage. Fasciné par les reptiles et les mammifères marins, j'exerce mon métier de rédacteur animalier avec beaucoup de curiosité !