- La leptospirose se transmet par l’urine des rats dans les flaques d’eau, avec une période d’incubation de 4 à 12 jours.
- La maladie débute par la fièvre et la fatigue, puis touche le foie et les reins, pouvant entraîner la mort en 3 à 6 jours sans traitement intensif.
- La vaccination reste le meilleur outil de prévention avec un rappel annuel, complétée par l’utilisation d’une gourde personnelle en balade.
Ce que le vétérinaire cherche dans le blanc de l’œil
Un blanc d’œil teinté de jaune, puis une question lâchée sans détour : y a-t-il des rats près de chez vous ? Elle vise la leptospirose, une infection bactérienne véhiculée surtout par les rats, qui libèrent la bactérie en urinant, et que le chien attrape en buvant dans des mares ou des flaques. Dix jours après les balades sous la pluie, on se trouve en plein dans la fenêtre d’incubation, généralement de 4 à 12 jours.
Un chien qui lape une flaque, c’est pourtant la scène la plus banale qui soit.
La bactérie, un leptospire, entre par les muqueuses ou par de petites plaies cutanées. Elle résiste d’autant mieux que le milieu est chaud et humide : plusieurs mois dans l’environnement extérieur quand les conditions s’y prêtent. Un automne doux et détrempé coche une bonne partie des cases, c’est mon avis de rédacteur, pas une donnée mesurée. Sur un chemin de campagne comme sur un parc urbain, une flaque ne dit rien de ce qui l’a précédée.
Le jaune, lui, a une explication précise. L’ictère se repère sur la peau, les gencives et la sclérotique, la membrane qui entoure l’œil, et il trahit une atteinte du foie. Il n’apparaît pas toujours : la maladie débute souvent par une phase fébrile banale, avant que les organes ne soient touchés de façon visible.
Des signes banals au départ, une évolution qui peut s’emballer
Au début, rien de spectaculaire. Fièvre entre 39,5 et 40 °C, fatigue, douleurs abdominales, vomissements, parfois diarrhée sanguinolente, auxquels s’ajoute souvent une perte d’appétit. Les reins, eux, se signalent par une soif et des urines modifiées, en plus ou en moins, jusqu’à l’absence totale d’urine.
Sans soins intensifs, la mort peut survenir en 3 à 6 jours.
Certaines formes vont plus vite encore : la forme suraiguë peut conduire au décès en 24 à 48 heures. Le diagnostic repose sur les symptômes et sur des analyses de sang, notamment les taux d’urée et de créatinine, qui révèlent l’atteinte de certains organes. Le traitement passe par des perfusions et des antibiotiques. Un site vétérinaire grand public avance que, malgré des soins lourds, la moitié des chiens atteints succombe : un chiffre à prendre avec prudence, mais qui dit la gravité du tableau.
Le chien n’est pas seul concerné. La leptospirose est une zoonose, et le chien peut excréter la bactérie dans ses urines. En cas de suspicion, une clinique vétérinaire recommande de prendre des précautions, par exemple se laver les mains après chaque contact avec l’animal.
Une maladie qui gagne du terrain
Les chiffres varient selon les sources, ce qui rappelle qu’il s’agit d’estimations. L’une avance entre 300 et 600 cas de leptospirose canine par an en France, soit environ 1 cas pour 20 000 chiens, une autre environ 1 cas pour 10 000, avec une tendance à la hausse. Rare à l’échelle d’un chien, donc. Moins rare à l’échelle d’un cabinet de campagne.
En Haute-Saône, des vétérinaires du secteur de Champlitte ont donné l’alerte : près d’une dizaine de cas depuis septembre 2024, contre trois l’année précédente. Côté santé humaine, les autorités sanitaires n’identifient pas clairement la cause de la hausse des cas, mais évoquent le réchauffement climatique, des hivers plus doux, davantage de rongeurs et plus d’activités à risque.
Ce qui change dès la prochaine balade
La vaccination reste l’outil principal. Le protocole habituel compte deux injections à trois ou quatre semaines d’intervalle dès l’âge de trois mois, puis un rappel annuel, ou semestriel pour les chiens à risque. Les vaccins actuels couvrent quatre types de leptospires.
Aucun vaccin ne couvre toutes les souches.
L’espèce L. interrogans rassemble plus de 200 sérovars, et un chien vacciné peut parfois être infecté par un sérovar absent du vaccin. Côté terrain, mieux vaut garder le chien en laisse près des eaux stagnantes, glisser une gourde et un bol pliable dans la poche pour lui proposer de l’eau propre, et nettoyer les pattes au retour.
L’appel au vétérinaire se fait dans l’heure en cas d’abattement marqué, de vomissements répétés, de changement net dans les urines ou de muqueuses jaunes, que le chien soit vacciné ou non. Les chiens qui survivent à une forme grave peuvent garder des atteintes du foie et des reins toute leur vie. Un suivi des analyses après la guérison s’impose donc, à discuter avec le vétérinaire.
Sources : vetvac.org | anicura.fr | conseils-veto.com

