Le chiffre à retenir tient en trois seuils : 500 g en septembre, 600 g en octobre et 700 g en novembre, selon la règle qui circule dans les centres de soins. En dessous, un jeune hérisson n’a pas les réserves pour tenir jusqu’au printemps. Un bébé croisé en ce 10 octobre doit donc dépasser 600 g, sans quoi il relève d’un centre.

À retenir
  • Un jeune hérisson doit peser au minimum 600 g en octobre pour hiberner.
  • Le lait de vache et le pain trempé provoquent une diarrhée souvent mortelle.
  • Le hérisson est intégralement protégé et doit être confié à un centre habilité.

Pourquoi 600 grammes, et pas 400

L’hibernation est un pari sur la graisse. Les mâles s’endorment dès le début d’octobre, les femelles environ quatre semaines plus tard, puis viennent les jeunes de l’année. Un adulte perd entre 20 et 40 % de son poids avant le retour des beaux jours. À 600 g au départ, une perte de 30 % laisse environ 420 g au réveil, une marge déjà mince.

Les plus exposés sont les petits nés tard. Ceux de fin août n’ont que six à huit semaines pour accumuler des réserves, et ceux d’une seconde portée atteignent rarement le poids requis en novembre. Les centres le constatent chaque année : ils sont submergés en octobre et novembre.

Un hérisson trop léger commence son hibernation, mais ne se réveille pas, faute de graisse et d’énergie.

Les repères à l’œil restent approximatifs. Certains soigneurs conseillent de chercher un animal grand comme votre main, soit environ 600 grammes, mais une balance de cuisine tranche bien mieux. Un jeune en bonne santé peut prendre jusqu’à 30 g par nuit, ce qui explique pourquoi un animal de 500 g, actif et sans blessure, n’est pas toujours condamné. Seul un professionnel peut en juger.

Les gestes à faire dans l’heure

Tous les hérissons ne se ramassent pas. Un animal vif, qui court la nuit, au poids correct et sans blessure ni tiques, doit être laissé à sa vie de hérisson. En revanche, un bébé seul en plein jour est toujours en détresse, et un animal titubant, toussant ou blessé relève de la même urgence.

Première étape : des gants de jardinage, puis un carton à hauts bords percé de trous, garni d’une serviette. Au fond, une bouillotte ou une bouteille d’eau chaude, bien fermée et enveloppée dans un linge pour éviter la brûlure. Un hérisson est à environ 36 degrés, une température que donne l’eau chaude du robinet. Une seconde serviette posée sur l’animal le rassure et le garde au chaud.

Cette chaleur de contact vaut même en plein soleil. Un hérisson trouvé de jour est souvent trop affaibli pour réguler sa température, et les très petits, de moins de deux cents grammes, en sont plus incapables encore.

Un hérisson en hypothermie ne digère pas, même avec le meilleur lait maternisé.

D’où la règle sur la nourriture, qui fait débat entre les sources. Le lait de vache et le pain trempé sont à bannir : le lactose provoque une diarrhée foudroyante, souvent mortelle. Pour le reste, certains guides recommandent de ne ni nourrir ni abreuver l’animal si l’on n’est pas formé, d’autres tolèrent une coupelle d’eau plate. Dans le doute, appelez le centre avant de proposer quoi que ce soit. Évitez aussi le bain et, surtout, toute pipette antiparasitaire.

Trouver un centre et préparer l’appel

Garder le petit chez soi tout l’hiver n’est pas une option. Le hérisson est intégralement protégé en France par l’arrêté ministériel du 23 avril 2007, qui interdit notamment de le capturer ou de le détenir. La loi impose de le confier à un centre de soins habilité. Les annuaires du réseau Hérisson de France et de l’association Hérisson Mâtin listent les structures agréées, et la LPO ou un vétérinaire peuvent aussi orienter.

Le maillage reste serré par endroits, lâche ailleurs. On recense environ une trentaine de centres de sauvegarde en France, contre 800 en Grande-Bretagne, d’après une publication récente. Attendez-vous à devoir téléphoner à plusieurs numéros, voire à faire du covoiturage jusqu’au centre.

Préparez trois informations avant d’appeler : le poids, l’heure et le lieu précis de la découverte, et l’état apparent de l’animal. Le lieu a son importance. L’équipe relâche en général les patients tout près de l’endroit où ils ont été trouvés.

Que se passe-t-il ensuite ? Dans un centre, les jeunes reçoivent des traitements adaptés, un abri chaud et des pesées régulières. Une assistante-vétérinaire cite un cas parlant, un patient à 437 g, et rappelle que les hérissons doivent peser entre 600 et 700 grammes au minimum à cette période. Les soignants limitent les manipulations pour que l’animal garde son instinct sauvage. Le relâcher est prévu au retour des températures douces et des insectes.

Le jardin, dernier maillon avant l’hiver

Si vous avez trouvé le petit à 650 g, vigoureux et propre, la question se déplace sur le terrain. Un tas de feuilles mortes dans un coin fournit la matière d’un nid : le hérisson construit son abri d’hibernation avec des feuilles, de la mousse, des brindilles et des herbes sèches. Laissez aussi une coupelle d’eau, et vérifiez les bassins, filets et piscines, qui piègent chaque année des jeunes.

Un dernier chiffre aide à mesurer l’enjeu. Un hérisson de 600 g et plus peut avaler environ 200 à 270 g de nourriture chaque nuit. Cette fringale d’automne rappelle qu’un jeune hérisson sur le fil du seuil peut encore gagner quelques dizaines de grammes dans votre jardin, à condition de ne pas être blessé ni parasité. La balance dira si l’appel au centre s’impose.

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